25 juillet 2012

France Tourisme n°121 – Juillet 2012

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Il est urgent d’agir en faveur de notre hôtellerie indépendante !

Commençons par un rapide bilan des élections législatives des 10 et 17 juin 2012.
J’adresse mes chaleureuses félicitations aux 8 maires de notre Association qui sont devenus Députés-Maires ainsi qu’aux 26 adhérents qui ont conservé leur siège de Député !
16 adhérents n’ont pas été réélus ou bien ne se sont pas représentés à leur mandat de Député. Vous retrouverez en détail les noms des 35 Députés-Maires que compte notre Association en page 3 de ce journal. L’ANMSCCT s’appuie désormais sur un réseau de 51 parlementaires pour défendre le Tourisme.

Pour ma part, j’ai été réélu dans la cinquième circonscription de Haute-Savoie (74) avec 51,97% des suffrages. Je pourrai donc continuer à représenter vos intérêts au Palais-Bourbon. En outre, je mettrai tout en oeuvre au cours de cette XIVe législature pour faire renaître de ses cendres le groupe Tourisme de l’Assemblée Nationale. Il est en effet dommage qu’un secteur comme le tourisme
qui représente 6% du Produit Intérieur Brut (PIB) c’est-à-dire autant que les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique soit à ce point sous-estimé par notre Parlement.
Un des dossiers qui me préoccupe le plus est celui du sort de la petite hôtellerie indépendante qui est très majoritaire dans notre pays (83% des hôtels classés, soit 13 816 unités). La France qui se présente volontiers comme « la première destination touristique mondiale », mais dont on ne doit pas omettre qu’elle se place en troisième au niveau mondial en termes de recettes touristiques derrière les États-Unis et l’Espagne (et même au 24e rang européen en matière de recettes moyennes par touriste comme le rappelle opportunément le dernier numéro de Juristourisme dans un dossier spécial consacré à l’hôtellerie.), voit ses hôtels économiques fermer année après année pour laisser place à des unités de moyenne gamme et de luxe. Il ne faut pas oublier non plus les nombreux cas d’établissements hôteliers vendus dans le cadre d’opérations de promotion immobilière.
Près de 4000 hôtels classés devraient disparaître d’ici trois ans et selon un sondage de Coach Omnium, ce sont déjà près de 56% des hôteliers indépendants qui souhaitent vendre leur affaire.
Je déplore la disparition de tous ces établissements dont les exploitants accédant à la retraite ferment par cessation d’activité, sans possibilité de voir reprendre leur affaire, notamment par de jeunes entrepreneurs que personne n’aide. Aujourd’hui, les hôteliers comme les patrons de PME ne savent pas à qui s’adresser. Il existe trois acteurs publics pour les aider : Oséo qui joue un rôle de banquier, le Fonds Stratégique Investissement et la Caisse des Dépôts et des Consignations qui sont des investisseurs.
Il est urgent d’apporter de la clarté, de la pédagogie aux dispositifs en place et de mener des actions concertées pour empêcher des fermetures d’établissements qui affaiblissent l’attractivité de nos territoires.
En outre, la nouvelle classification des hôtels mise en place par la loi du 22 juillet 2009 va entrer en vigueur le 23 juillet prochain. Chaque hôtel doit s’être vu délivrer un agrément avant cette date. Sans cet agrément, l’hôtel qui ne répondra plus aux nouvelles normes prendra le risque de se voir déclassé, et de ne plus être visible pour
le touriste.
Les difficultés économiques, le nouveau classement hôtelier associés aux mises aux normes de sécurité et d’accessibilité des personnes handicapées (échéance 2015) vont accélérer la disparition des plus petits hôtels.
Il ne s’agit pas de plaider en faveur d’un statut quo qui empêcherait toute modernisation de notre hôtellerie. Elle en a grandement besoin ! Toutefois, je suis convaincu que des solutions adaptées aux réalités du terrain peuvent être trouvées… à condition d’un peu d’imagination, d’un brin d’audace et de beaucoup de courage politique.
Pour l’hôtellerie indépendante, il faudrait par exemple que la mise en oeuvre des normes d’accessibilité des personnes handicapées puisse se faire à l’échelle d’un territoire et non établissement par établissement.
Vous pouvez compter sur moi pour faire avancer ce dossier ; il fait partie de ces grands sujets qui permettent de fédérer les élus des communes touristiques car ils mettent en jeu l’attractivité et parfois même la survie de nos territoires.

Marc Francina
Député-Maire d’Évian-les-Bains
Président de l’ANMSCCT