25 octobre 2011

France Tourisme n°118 – Octobre 2011

FT118

“Garder l’optimisme et ajuster son ambition aux contraintes du moment”

(D. Borotra, Maire de Biarritz)

Nous vivons des temps difficiles. La crise est multiforme : financière, économique et sociale.
Les pays occidentaux ayant bénéficié des Trente Glorieuses sont particulièrement touchés, notamment l’Europe qui n’arrive toujours pas à parler d’une seule voix. Or, il est important de réussir à faire émerger une véritable gouvernance de l’Union pour contrôler et maitriser les dérives budgétaires nationales. Nous devons garder le cap, conserver notre confiance en l’euro qui nous a permis d’amortir les difficultés extérieures tout en avançant dans la réforme de notre modèle social français. D’un tempérament optimiste, je veux croire que les tempêtes qui soufflent sur tous les fronts permettront aux Européens de renforcer leurs coopérations. L’urgence est de ne pas se laisser enfermer dans le scepticisme et l’immobilisme conjoncturels. Cela requiert un véritable courage politique qui ne doit pas faire défaut même dans le contexte d’élections dans lequel nous nous trouvons en Espagne, en France et en Allemagne.

Sans surprise, le projet de loi de finances pour 2012 présenté le 27 septembre au Comité des Finances Locales, gèle pour la deuxième année consécutive les concours financiers de l’Etat aux collectivités locales. Si des économies et des redéploiements sont nécessaires, je continuerais à défendre le secteur du tourisme contre ceux qui le considèrent comme une variable d’ajustement. Un rapport sénatorial relatif à «l’action de l’agence de développement touristique Atout France et la promotion de la destination France à l’étranger» a récemment émis l’hypothèse d’utiliser une partie des recettes de la taxe de séjour pour financer la promotion de notre pays à l’étranger. De même, à l’occasion des débats parlementaires sur l’instauration d’une taxe de 2% pour les nuitées supérieures à deux cents euros dans les hôtels, certains parlementaires ont repris l’idée d’une réforme de cette taxe. Il faut avoir une profonde méconnaissance du terrain pour l’envisager comme une recette providentielle. Priver les communes touristiques ne serait-ce que d’une partie de ces recettes reviendrait à mettre en cause leur stratégie de développement et à renoncer à des équipements indispensables au regard de la nécessité constante d’innover pour maintenir leur attractivité.
Il me parait important aussi d’aider les petits hôtels dans leurs démarches d’investissements par rapport aux mises aux normes «incendie» et «accessibilité». Le dispositif d’Oséo doit disposer d’une communication efficace afin de monter en puissance. C’est pourquoi notre Conseil d’Administration souhaite réunir tous les acteurs publics et privés de l’hôtellerie pour organiser le  financement de la mise aux normes de ces établissements.

L’Association reste aussi très vigilante à la mise en œuvre de la réforme des communes touristiques et des stations classées. Nombreux sont les maires à nous avertir des difficultés rencontrées sur le terrain pour l’application de certains critères comme celui des périodes d’ouverture des offices pour les petites communes souhaitant devenir des stations classées de tourisme. Il en va de même pour l’obligation, difficile à remplir, de disposer de 70% d’hébergements touristiques classés sur le territoire d’une
commune en cours de classement. C’est pourquoi j’ai demandé une audience auprès du Ministre en charge du Tourisme pour remédier à ces problèmes. De l’huile doit être apportée dans le grand mécanisme administratif de cette procédure de classement sinon les rouages risquent de bloquer avec pour conséquence une remise en cause de nos ambitions en matière d’excellence touristique.

Comme vous le constatez, l’Association reste à votre écoute et se mobilise.

Marc FRANCINA
Député-Maire d’Evian-les-Bains
Président de l’ANMSCCT